François Bayrou (DR).FRANÇOIS BAYROU
Des dépenses de mobilier
un peu surévaluées

Le troisième homme a dépensé près de 10 millions d'euros pour atteindre le second tour. Plus il y a d'argent, moins il est facile de le compter: la commission a retoqué une dizaine de dépenses. Pour moitié, elles étaient sans justifications. Les autres étaient un peu outrancières. Les 7 141 euros de frais de transport non utilisés, ou le solde-déficitaire d'un dîner-débat de l'UDF ont été rayés de la note. Quant au mobilier utilisé, évalué à plusieurs dizaines de milliers d'euros, il a été ramené à sa juste valeur d'utilisation. Soit dix fois moins.

Olivier Besancenot (DR).OLIVIER BESANCENOT
Seulement 61 centimes
par électeur

Il sait distribuer le courrier et rapper mais il ferait aussi un bon expert-comptable. Seul candidat à n'avoir fait l'objet d'aucune correction, il est aussi celui dont la campagne a été la plus "rentable". Ayant dépensé 920 721 euros et ayant glané 1 494 446 voix, chaque électeur ne lui a coûté que 0,61 euros.

José Bové (DR).JOSÉ BOVÉ
Des bréviaires antilibéraux
achetés trop tard

Plus d'un million d'euros pour sa campagne, dont 600 000 euros qu'il a avancés lui-même, en contractant un prêt. José Bové est sauvé, il sera remboursé à hauteur de 700 000 euros. Pour autant, certains frais restent dispendieux. Quelques jours avant le scrutin du premier tour, 9 001 euros ont été dépensés pour acquérir 3 000 exemplaires d'"Un autre monde en marche", ouvrage retraçant la campagne de nombreux collectifs anti-libéraux et présentant les grands axes du projet de José Bové. Achetés trop tard, a jugé la commission.

Marie-Georges Buffet (DR).MARIE-GEORGES BUFFET
Un gadin électoral,
mais aussi financier

6,81 euros par électeur. La candidate communiste a été dispendieuse: 4 822 819 euros ne sont pas parvenus à convaincre plus de 707 268 Français et l'Etat a retoqué quelques 4 234 euros de l'addition. L'impression de journaux après l'élection et la présence de Marie-Georges Buffet à une exposition n'ont pas été jugés à finalité électorale. Mauvais résultats, petit remboursement: 808 300 euros.

Arlette Laguiller (DR).ARLETTE LAGUILLER
Un mystérieux abonnement
non remboursé

L'échec de l'éternelle candidate a coûté cher à Lutte ouvrière. 2 115 018 euros dépensés pour un score minuscule. Unique dépense que l'Etat refuse de prendre à sa charge: les prestations, à hauteur de 8 376 euros, de l'Argus de la presse. Arlette Laguiller a en effet engagée un abonnement et un contrat dont les finalités électives n'ont pas convaincu. D'autant que les "thèmes de surveillance" souscrits ne concernaient pas que la candidate et son parti. Le bulletin de la CNCCFP ne raconte pas qui LO surveillait.

Jean-Marie Le Pen (DR).JEAN-MARIE LE PEN
Réceptions dispendieuses, salariés sans contrats, cadeaux excessifs
C'est 364 947 euros qui ont été retranchés des dépenses électorales du vieux leader du FN. Engageant plus de neuf millions d'euros dans la course aux électeurs, Jean-Marie Le Pen s'est laissé aller à quelques frais que la commission refuse de régler, notamment des réceptions fastueuses... à l'honneur de quelques barons du parti et en celui de Jeanne d'Arc. Soit plus de 200 000 euros pour deux réceptions.

Entre autres broutilles (matériel, locations de voitures), Le Pen a cru que les salaires de six personnes sans contrats de travail seraient pris en charge. Que nenni. Ce seront donc 48 642 euros à régler par le seul parti frontiste.

Quant aux cadeaux (d'une valeur totale de 1 733 euros) offerts à certains maires pour obtenir un parrainage, ils excèdaient "la limite des usages en matière d'objets promotionnels distribués à des fins électorales." Qui a dit que Le Pen avait eu du mal à récolter ses signatures?

Frédéric Nihous (DR).FRÉDÉRIC NIHOUS
Presqu'un sans-faute
pour le frugal chasseur

Il s'est financé en grande partie tout seul. Avec près de 840 000 euros, Frédéric Nihous a mené l'une des campagnes les moins coûteuses et est arrivé juste derrière José Bové. Son mandataire financier a presque bien fait les choses. En dehors d'un séjour à 1 814 euros effectué après le premier tour et de près de 2 000 euros de billets d'avion non utilisés.

Ségolènhe Royal (DR).SÉGOLÈNE ROYAL
Rouge à lèvres et gadgets
de sécurité refusés

La candidate socialiste a dépensé près de 21 millions d'euros. Quelques 96 000 euros ne lui seront toutefois pas remboursés par l'Etat. La commission chargée de la tenue des bons comptes à, en effet, jugé "excessif" les 51 659 euros de "frais de maquillage et de coiffure" et a décidé de n'en rembourser que le tiers.

Pas un centime ne sera, en revanche, déboursé pour couvrir la paranoïa qui a poussé l'équipe Royal à acheter 50 000 euros d'appareils détecteurs de fréquence. De multiples "petits" frais restent également à la charge de la candidate, faute de liens établis avec l'élection présidentielle (restauration, achat d'objets personnels, déplacements).

Nicolas Sarkozy (DR).NICOLAS SARKOZY
Trop de maquillage
et de plateaux-repas

Champion de l'élection, il était aussi le plus riche: 21 038 893 euros dont plus de sept millions de dons de personnes physiques. Nicolas Sarkozy est le seul à s'être vu reprocher une irrégularité. Alors que les dons de personnes physiques ne peuvent excéder 4 600 euros, la commission a relevé trois dons de 9 200 euros. Pas bien grave a-t-elle conclue: les sommes sont "faibles par rapport au montant global des dons recueillis" et surtout, il s'agissait de chèques émanants de comptes joints. Ouf, l'intégrité du président est sauve!

En revanche, comme Ségolène Royal, il a abusé de poudres et autre pinceaux. Ses 34 445 euros de maquillage -pas de coiffure pour lui- sont divisés par trois. Quant aux frais de bouches de l'équipe de campagne de la rue de la Boétie -50 073 euros de plateaux-repas et restaurants- leur "caractère électoral" n'ayant pas été prouvé, ils restent à la charge du candidat.

Enfin, le déplacement, par avion, d'une personnalité-supporter entre Paris et Clermont-Ferrand, en passant "pour convenance personnelle" par Biarritz, ne sera remboursée qu'à hauteur de ce qu'elle vaut, en excluant donc le détour par la côte Basque.

Gérard Schivardi (DR).GÉRARD SCHIVARDI
Deux ordinateurs portables
de trop, et c'est tout

Un presque zéro fautes pour le candidat des maires autoproclamé. Le moins dépensier a engagé 713 958 euros seulement. En dépit de la petitesse de la somme mais avec un score médiocre d'à peine plus de 100 000 voix, sa campagne n'est pas des plus rentables. Une voix lui est revenue à un plus de 5 euros. Un seul débit est réajusté: l'acquisition de deux ordinateurs portables à 2 264 euros. La commission a sévèrement estimé leur valeur d'utilisation à 162 euros seulement.

Philippe de Villiers (DR).PHILIPPE DE VILLIERS
Les trops bons restos
du vicomte

Plus de trois millions d'euros pour sa campagne. Avec celle de Buffet, Schivardi et Laguiller, la campagne de Philippe de Villiers apparait comme l'une des moins rentables.Son rival Jean-Marie Le Pen fait figure d'économe à côté avec un ratio dépense/candidat deux fois moins élevé. Toutefois, les deux hommes partagent le même goût du faste. 6430 euros d'additions de restaurant ont ainsi été retranchés des dépenses du candidat du MPF (Mouvement pour la France).

Dominique Voynet (DR).DOMINIQUE VOYNET
Non, les amendes SNCF
ne sont pas remboursées

Près d'un million et demi d'euros pour un peu plus de 500 000 voix, c'est 2,5 euros l'électeur pour Dominique Voynet. Peut mieux faire. La banque des Verts, le Crédit Coopératif, a facturé pas moins de 72 901euros de frais financiers au parti Les Verts. Une somme rondelette dont la commission a rejeté le remboursement, aucune "convention de découvert (...) ne permettant de s'assurer de la réalité de l'accord".

Photographe, enregistrement sonore, matériel ou billets d'avions: les dépenses personnelles ou engagées après les résultats ne sont pas défrayées, serine doctement la commission. Quant aux amendes, inutile d'essayer, c'est non. A Dominique Voynet donc de s'acquitter de ses 787 euros d'amende SNCF.