Ce sont les équipes déjà impliquées dans les recherches sur les cellules souches qui souhaitent pouvoir disposer de telles chimères. En pratique, celles-ci seront créées en plaçant le noyau de cellules humaines (prélevées notamment chez des malades) au sein d'ovocytes animaux (lapins ou bovins, par exemple). Des expériences préliminaires de ce type ont déjà été menées, notamment en Chine et aux Etats-Unis.

RÉACTION PONTIFICALE

La décision britannique surprend dans la mesure où, il y a quatre mois, les responsables de l'autorité britannique pour la fertilisation et l'embryologie humaine (HFEA) avait annoncé le lancement, en automne, d'une vaste consultation publique sur le caractère éthique de la création de ces chimères.

« La loi sur ce sujet n'est pas très claire, et ce domaine peut apporter un changement substantiel dans l'orientation de la recherche scientifique au Royaume-Uni, précisait Angela McNab, directrice générale de la HFEA. Ce serait une erreur de porter un jugement immédiat sur ce problème compliqué et controversé avant d'avoir suffisamment d'éléme nts », précise-t-elle ( Le Monde du 13 janvier).

Le Vatican a aussitôt réagi à l'annonce de l'autorisation britannique par la voix de Mgr Elio Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la vie.

« La création d'un hybride homme-animal est une frontière qui avait été interdite, jusqu'à aujourd'hui, et par tous, dans le domaine des biotechnologies parce que la dignité humaine est compromise, offensée, et qu'on peut ensuite créer des monstruosités à travers ces fécondations, a-t-il déclaré.

La création d'un être homme-animal représente une frontière violée dans le domaine de la nature, la plus grave, ce qui entraîne une condamnation morale totale. ».